En 1864, des gens très concernés par la « question sociale » et soucieux de s’associer dans un même projet révolutionnaire, des gens venus d’Italie, de France, d’Allemagne et d’Angleterre, puis progressivement de toute l’Europe de l’Ouest, pour la plupart des ouvriers, créaient l’Association Internationale des Travailleurs. « L’internationale » vivra 12 années et sera minée par l’irréconciliable division entre deux tendances idéologiques. C’était d’abord le courant dont Karl Marx était le chef, courant communiste, centraliste, et qui prônait une stratégie à la fois dictatoriale (en cas d’insurrection) et partidaire (le reste du temps). C’était ensuite le courant dont Mikhaïl Bakounine était le membre le plus éminent, courant anarchiste, fédéraliste, et qui préférait une stratégie décentralisée relevant du syndicalisme révolutionnaire. Au début, c’est largement du côté des anarchistes que semblait pencher la balance du nombre, mais après la révolution communaliste de 1871 et la large réduction des rangs anarchistes qui en a découlé, les forces en présence dans l’Internationale allaient s’équilibrer jusqu’à ce qu’en 1872, au Congrès de La Haye, la rupture soit consommée, qui aboutira à la dissolution de l’association en 1876. Peu importe ici la postérité marxiste ou trotskiste de l’Internationale. Ce qui est intéressant dans cette histoire, c’est que l’opposition, dans la Première Internationale, entre marxistes et anarchistes, et l’échec des anarchistes à contrer la tendance autoritaire, partidaire et centraliste des marxistes, semblent pouvoir constituer des expériences desquelles apprendre et sur lesquelles bâtir une nouvelle organisation révolutionnaire.

Si l’expérience du XXème siècle n’a pas été vaine, on peut se laisser aller à espérer que celles et ceux parmi nous qui revendiquent aujourd’hui un projet révolutionnaire s’entendront pour rejeter sans condition le centralisme et le productivisme qui n’ont jamais posé le moindre problème aux socialistes d’obédience marxiste. Nous conviendrions alors ensemble que nous aurions plutôt été du côté des anarchistes dans cette lutte interne au sein de l’Internationale. Nous n’allons évidemment pas refaire l’histoire, et les anarchistes (dont d’ailleurs nous ne nous revendiquerons pas forcément) ont bel et bien perdu le contrôle de l’Internationale… Nous pouvons néanmoins nous figurer ce qu’ils en auraient fait si les choses s’étaient passées autrement : une organisation décentralisée, démocratique et probablement plus ouverte aux femmes et au souci environnemental. Mais puisque l’imagination ne nous manque pas, et puisqu’elle est le premier moteur du travail révolutionnaire, mieux vaut encore nous imaginer ce que nous pourrions, nous-mêmes, faire d’une organisation révolutionnaire de grande ampleur. Or rien ne semble faire obstacle à ce que nous imaginions une structure satisfaisant l’ensemble des principes qui aujourd’hui traversent la gauche révolutionnaire : le souci écologique, la critique des hiérarchies et des dominations, le désir de démocratie réelle et en particulier le communalisme (ou municipalisme).

Que la période actuelle soit propice au basculement révolutionnaire ou non, là n’est pas la question, mais ce qui est certain c’est que la question du projet et de l’organisation des forces révolutionnaires se pose pour nous avec la même force qu’en 1864. Or tout groupe révolutionnaire devrait commencer par reconnaître le fait que les organes de la transformation révolutionnaire sont multiformes et que la lutte révolutionnaire peut a minima être divisée en deux stratégies complémentaires, une stratégie de résistance (la manifestation, la grève, le boycott en étant de bons exemples) et une stratégie d’expérimentation (ici on peut penser aux institutions utopiques expérimentales comme le Familistère de Guise, mais aussi à bien d’autres institutions plus anodines en apparence, comme les maisons de naissance, les squats, les fermes collectives, etc.)1. Aujourd’hui, après l’écrasement successif de toutes les institutions qui avaient assuré la mise en réseau ou l’articulation des initiatives révolutionnaires aux échelles nationale et internationale (syndicats, corps intermédiaires et partis), il semble nécessaire d’imaginer une forme institutionnelle capable d’articuler sans écraser les institutions de résistance et les institutions d’expérimentation qui pullulent un peu partout. Si nous voulons que les « printemps sociaux » en tout genre accouchent d’une société nouvelle, si nous voulons que les énergies déployées un peu partout ne s’épuisent pas dans l’inorganisation, l’institution d’une telle organisation doit être à l’ordre du jour.

Il ne s’agit bien évidemment ni de rafistoler une cinquième variante de l’Internationale, ni de créer un parti, ni de former un syndicat révolutionnaire. Une organisation révolutionnaire démocratique ne peut pas être une organisation centraliste. L’objectif de l’Internationale était de faire entendre les idées socialistes et le point de vue des ouvriers et des prolétaires, soit en gagnant des victoires électorales soit en remportant des victoires syndicales. Aucune de ces deux stratégies ne nous semble pertinente aujourd’hui. La stratégie centraliste, qu’elle consiste à armer les ouvriers dans les rues ou à faire gagner leurs représentants dans les urnes, ne nous convainc pas parce que la question ne peut plus être seulement celle d’une classe contre une autre, d’un mouvement (ouvrier ou non) contre le monde : la stratégie révolutionnaire ne doit pas être envisagée seulement comme une forme d’opposition mais aussi comme une forme de proposition. On ne peut pas raisonner seulement en termes de gros blocs de belligérants mais plutôt à partir d’une large variété de modes de résistance et d’expérimentation. Quant à la stratégie anarchiste, elle n’est pas non plus convaincante à cause de la tendance anti-étatique de l’anarchisme, fondée sur un malentendu concernant l’État.

La discussion de ce qu’est l’État devrait être un point de départ pour tout projet révolutionnaire. Or, à peu près tout le monde, et pas seulement les anarchistes, considère que l’État, c’est le Gouvernement, l’Autorité, la Souveraineté, etc. C’est une gageure que de le penser car ce faisant on confond deux choses : l’organisation et le pouvoir. Or, l’État ne peut pas être réduit à une institution de gouvernement car il est une forme institutionnelle complexe : c’est un réseau d’institutions. Parmi ces institutions, on trouve en effet des institutions de gouvernement, mais en réduisant l’État au gouvernement, on prend en fait le tout pour la partie. Les institutions que sont la Sécurité Sociale, l’École, la Monnaie, l’Hôpital Public, etc. sont des parties de l’État au même titre que le Parlement ou le Gouvernement. Nous pourrons d’ailleurs nous entendre pour dire que, tout comme le Gouvernement, ces institutions produisent de l’autorité, de la coercition, de la discipline, etc. Mais prétendre que ce serait là tout ce que ces institutions peuvent produire, que ce serait là l’unique raison de leur existence, ce serait au mieux naïf, et au pire malhonnête. Si l’État, y compris et d’abord l’État « moderne », celui qui pullule aujourd’hui partout et dans lequel nous vivons, se compose d’une série d’institutions diverses, et si ces institutions englobent une série de fonctions diverses (ne se résumant pas à la coercition), alors la lutte révolutionnaire contre l’état présent des choses doit s’appuyer sur une stratégie plus complexe que celle qui consisterait à abolir le gouvernement et la coercition.

Mais pour cela, il faudrait encore se débarrasser d’une idée fausse. En effet, si l’on veut comprendre en quoi consiste un État, il faut d’abord se mettre d’accord sur la notion d’institution. Tout comme on réduit généralement l’État à une seule institution (gouvernement, police ou Église) ou à une seule fonction (coercition), on a tendance à associer la notion d’institution à l’idée un peu vague d’une machinerie bureaucratique supposée inaccessible et indéboulonnable. C’est une erreur car le mot « institution » renvoie à une manière pérennisée et partagée, pour des individus, de coordonner leurs pratiques et de répondre collectivement à un problème qui les affecte. C’est ce que les anthropologues ont élucidé depuis bien longtemps : les institutions sont en quelque sorte des outils collectifs, et il est utile d’ajouter qu’en tant qu’outils, les institutions peuvent être transformées (souvent avec difficulté) lorsque le problème auquel elles sont censées répondre vient à changer, ou lorsqu’elles ne répondent pas adéquatement à ce problème. Si les gens inventent, adoptent, critiquent ou abandonnent des manières d’agir partagées, c’est parce qu’il leur arrive assez souvent de se retrouver dans la situation où ils partagent avec d’autres qu’eux des problèmes divers et variés. Heureusement, des solutions à ces problèmes sont la plupart du temps élaborées, transmises, partagées ou mutualisées. Ces outils, ces institutions, peuvent aller de la cosmogonie au covoiturage en passant par le syndicat, le dispensaire de santé, l’usine ou le théâtre. Mais certaines de ces institutions ont quelque chose de particulier. Non seulement elles constituent une réponse pratique partagée à des problèmes affectant une pluralité d’individus, mais en outre elles concernent des individus qui ne se connaissent pas forcément, et qui vont cependant trouver à gérer collectivement le fonctionnement de ces institutions. Ces institutions « publiques » sont insérées, dans les faits et dans le droit, dans un réseau institutionnel partagé au niveau d’un large territoire. C’est ce réseau, qui n’est en fin de compte qu’un hyper-outil reliant entre eux des outils plus partiels afin d’apporter une réponse globale à une série de problèmes globalement partagés, que l’on nomme « État »2.

On aurait tort de méconnaître le rôle joué par ces deux réductions abusives – de l’État au Gouvernement et de l’institution à la machinerie bureaucratique – dans le phénomène contemporain de l’impuissance politique. En entretenant ces idées fausses, on se rend incapable d’imaginer que d’autres institutions puissent exister, qu’elles puissent fonctionner autrement, ou s’articuler différemment et donc qu’un autre État puisse voir le jour. C’est ce qui conduit par exemple les anarchistes à rejeter inconditionnellement l’État. Ne comprenant pas que l’État que l’on abhorre n’est qu’une forme possible d’État (certes une variété assez répandue), que ce n’est qu’une construction historique, on s’empêche de penser une autre forme d’organisation institutionnelle. Avec une conception de l’État comme hyper-outil, ou comme réseau d’outils de résolution de problèmes publics (sanitaires, sociaux, environnementaux, diplomatiques…), on peut par contre sortir de l’impasse qui voudrait d’une société sans État. S’il s’agit de critiquer ou de bannir le principe du gouvernement centralisé, allons-y gaiement ! Mais pourquoi donc irait-on se priver de la possibilité de mutualiser des solutions collectives avec des gens qui rencontrent des problèmes analogues aux nôtres ? Pourquoi refuser l’État si l’État n’est qu’une manière de résoudre des problèmes ? Soit on s’arroge le droit de décréter que tout État est forcément de même nature et on prône un immobilisme réactionnaire ou un utopisme inopérant ; soit on considère que l’État tel qu’il existe aujourd’hui, avec sa philosophie centraliste et ses institutions policières, accaparantes et autoritaires, est bon à jeter à la poubelle, et l’on s’engage à en proposer une autre version.

Telle est la démarche révolutionnaire. Soyons clairs : la révolution consiste en une transformation radicale des institutions publiques et donc de l’État. Elle n’inclut pas comme nécessaire un moment insurrectionnel mais elle ne l’exclut pas non plus. Ensuite, s’agissant du processus insurrectionnel lui-même, et de ce à quoi il peut ou non aboutir en termes de transformation radicale de la société, c’est Hannah Arendt3 qui a le mieux démontré en quoi un projet insurrectionnel ne suffit pas à faire révolution, et comment, pour aboutir, un processus insurrectionnel de renversement de l’État doit s’appuyer sur l’existence d’alternatives pré-existantes. Et pas seulement de projets, d’idées dans les têtes et les cœurs des insurgés, mais d’alternatives concrètes, déjà-là. En somme une ré-institution de la société ne peut être que contre-révolutionnaire si elle n’est pas fondée sur des institutions différentes de celles qu’elle a renversées. Ainsi de la Première République Française largement centraliste, absolutiste, autoritaire, parce qu’elle n’a pas su, avant de renverser la Monarchie, se trouver de nouveaux modèles institutionnels. Ainsi de la Deuxième République Française largement libérale et réactionnaire, incapable de prendre en charge la question sociale qui avait pourtant été son point de départ, et reproduisant l’État de Louis-Philippe, etc. Et inversement, si une institution aussi révolutionnaire que la Sécurité Sociale a pu être mise en place en 1947, c’est non seulement parce qu’une « bascule » a été favorisée par l’entrée des communistes au gouvernement, mais aussi et surtout parce que cette institution avait pu être préparée, longtemps à l’avance, par le développement de caisses mutualisées, au sein du mouvement ouvrier. Ces caisses matérialisaient à la fois des pratiques et des résultats : les gens savaient que le principe institutionnel de la Sécurité Sociale pouvait marcher, parce que les caisses avaient marché, et ils savaient aussi qu’ils pouvaient, eux, s’en servir, parce qu’ils s’en étaient effectivement servi. La Sécurité Sociale ne fut, en fin de compte, que la généralisation d’une expérimentation, l’institution de pratiques et de techniques validées socialement.

Projeter une révolution aujourd’hui, ça ne peut pas consister à comploter en vue d’un coup insurrectionnel. Nous avons vécu une longue période contre-révolutionnaire, caractérisée par le débridement progressif d’un néolibéralisme autoritaire4 et centralisateur et de la réaction la plus consensuelle qui soit (état d’urgence constitutionnalisé, répression policière, politique publique raciste, etc.). Une époque caractérisée aussi par une dispersion des énergies de gauche. La misère croît, les inégalités se creusent, la précarité se répand, certes, mais imaginer un coup d’état insurrectionnel dans un tel contexte serait non seulement illusoire – tant la plupart des gens ne suivraient pas – mais aussi complètement dérisoire parce que, même si ça réussissait, ça ne pourrait rien occasionner de bon. Projeter une révolution aujourd’hui, c’est travailler à établir les conditions dans lesquelles il sera possible de basculer vers une société autrement instituée. Que la bascule soit violente ou non, c’est une question qui dépendra du contexte révolutionnaire dans lequel le passage pourra avoir lieu. En attendant, le travail révolutionnaire consiste à penser, à expérimenter et à articuler les institutions dont la mise en réseau pourrait constituer une alternative à l’État présent, un État parallèle au sein de l’État présent, susceptible de préparer un État futur.

Ce travail ne peut être réalisé si chacun reste dans son coin et si le rassemblement ne s’effectue que ponctuellement et superficiellement lors des grandes messes des masses (manifestations, pétitions…). Le travail révolutionnaire implique une coopération des institutions de résistance et des institutions d’expérimentation, mais leur articulation implique des moyens techniques mutualisés et une coordination décentralisée qui pourraient s’incarner dans une grande organisation, nationale ou internationale, que l’on peut dès à présent envisager, à l’aune de l’histoire de l’Internationale, comme une association confédérale5 révolutionnaire. Il nous est évidemment impossible de décrire la manière dont une telle association devrait être organisée, sauf à tordre le cou d’entrée de jeu aux principes qui la fonderaient. Son organisation concrète ne pourrait être dessinée que par une assemblée démocratique de représentant.e.s des institutions y adhérant. Nous pouvons cependant imaginer l’un des traits inévitables de cette organisation : elle n’aurait pas d’organe central de décision et ancrerait plutôt ses responsabilités dans des groupes locaux, qu’ils soient territorialisés (communes, institutions…) ou réticulés (réseaux institutionnels ou corporatifs…). Nous pouvons aussi nous demander à quoi pourrait ressembler le travail concret de ce que nous pourrions appeler plus familièrement « la Confédérale » et en imaginer d’ores et déjà trois grands chantiers.

Un chantier de critique institutionnelle, d’abord, consistant à critiquer les institutions publiques, évidemment, en montrant quelles sont leurs limites et ce que l’on peut encore en tirer, le cas échéant. Cela pourrait par exemple consister à se demander quoi penser, aujourd’hui de la Sécurité Sociale, de l’Inspection du travail, de l’Université, etc. Mais il s’agirait aussi de critiquer les institutions dans lesquelles on fonde le plus d’espoir, et notamment la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes, qui est une institution expérimentale extrêmement fertile, mais qu’il faudrait être naïf pour considérer idyllique6. Cela pourrait aussi être les maisons de naissances, qui sont en ce moment-même expérimentées sous statut associatif et qui visent à proposer une alternative à l’industrie de la natalité et au tout médicalisé. Ou encore les fablabs, les tiers-lieux, les monnaies locales, les jardins partagés et la permaculture, les coopératives de consommation, les dispensaires autogérés, etc.7

Un chantier d’expérimentation institutionnelle, ensuite, qui consisterait à favoriser ou lancer l’expérimentation d’institutions alternatives dans tous les domaines et à concevoir d’emblée ces institutions expérimentales pour ce qu’elles seraient, c’est-à-dire comme des « services publics », suppléant à un État présent incapable d’assumer ces services-là. Il pourrait s’agir de coopératives de recherche, de syndicats non-centralistes, d’un portage salarial mutuelliste, de réseaux sociaux professionnels numériques non-individualistes, de lieux d’éducation populaire, de lieux d’accueil pour les exilé.e.s, etc.

Un chantier d’articulation institutionnelle, enfin, qui constituerait le véritable travail de la Confédérale (les critiques et les expérimentations pouvant venir, et venant déjà, de tous les côtés). Il s’agirait là d’articuler les institutions alternatives existantes et de comprendre de quelle manière une telle articulation laisserait voir des manques que de nouvelles expérimentations pourraient combler. On pourrait ainsi faire en sorte que des pratiques, des idées, des fonctionnements nouveaux s’ancrent dans la vie quotidienne. On pourrait alors progressivement développer un imaginaire social différent, pour pouvoir, à terme, l’instituer. Préparer en somme, un fonctionnement étatique alternatif, en faire sentir la légitimité, la rigueur, la fécondité, et y rallier non seulement nos ami.e.s, mais aussi et plus généralement celles et ceux qui, dans une époque où les anciennes formes d’action politique ont failli, et où les anciennes idées sont mortes, se sentent impuissants. Y rallier le plus grand nombre.

1 Notons qu’il arrive souvent que ces deux stratégies coexistent dans une même institution révolutionnaire (comme la ZAD à Notre-Dame-des-Landes ou chez les zapatistes du Chiapas).

2 L’élucidation du caractère imaginaire (et donc non essentiel et non seulement fonctionnel) de toute institution a été démontrée par Cornelius Castoriadis dans L’institution imaginaire de la société. Ses analyses sont ici croisées avec celle de John Dewey sur l’État, dans Le public et ses problèmes.

3 L’Essai sur la révolution d’Arendt est l’un de ses meilleurs livres, très loin devant The Human Condition. Elle y raconte comment l’existence préalable des conseils communaux, donc de l’ancrage de pratiques démocratiques dans les habitudes des américains, a permis à la Révolution américaine de déboucher sur l’établissement d’une démocratie fonctionnelle, là où l’absence de ce même habitus en France a abouti à l’échec en quoi consiste l’établissement d’un système politique encore imprégné de monarchisme.

4 Voir à ce sujet le récent livre de Grégoire Chamayou, La société ingouvernable.

5 Une confédération est un réseau d’entités politiques (communes, corporations, syndicats, États…) mutualisant certains moyens, et notamment déléguant certaines fonctions communes à une entité nouvelle (confédérale) ne pouvant agir contre les entités de base, ni sans leur accord unanime. Contrairement à la fédération, l’entité nouvelle ainsi créée n’est pas « de rang supérieur », et n’a pas de souveraineté propre.

6 Il y a déjà des initiatives en ce sens, qui montrent comment des différences idéologiques, stratégiques et presque même « de classe » ou « de bord » se recréent dans la ZAD, en même temps que des inégalités.

7 Dans une certaine mesure, ce travail de critique institutionnelle pourrait être rapproché de l’idée proposée par Ivan Illich d’une « recherche radicale » consistant à critiquer les outils (y compris les institutions) afin d’évaluer leur potentiel de destruction de l’environnement, des savoirs, des libertés, etc.

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